La désignation de la tête de liste issue du Parti Socialiste se fera par une élection auprès des militants toulousains. Ce processus, même des militants neuilléens de l'UMP le
demandent, pour éviter le parachutage de
David Martinon, chouchou de Nicolas Sakosy. Certes, à Toulouse il ne réunira pas toutes les caractéristiques pour être à 100% démocratique particulièrement au niveau du protocole des débats, du nombre de débats, et de l'écart de temps ridicule entre les deux tours (24h !!). Le calendrier décidé par la fédération favorise largement les gros candidats, qui ont une certaine notoriété et qui comptent dessus pour amasser des voix, et défavorise les petits qui ont besoins de débat pour s'exprimer et éventuellement d'alliances pour avoir plus de poids. C'est dommage.
Mais tant pis.
Mais pour ma part, j'ai déjà fait mon choix.
J'ai rencontré Christophe Lèguevaques pendant une réunion du
Collectif PDU. C'est un collectif d'associations qui se mobilisent pour faire évoluer le
plan de déplacements urbains de l'agglomération Toulousaine qui est notoirement faible dans sa partie mode doux et transports en commun. Christophe n'a parlé que pour expliquer l'affaire du
parking du Capitole dont il s'occupait. Le reste du temps, il s'est tu, il a écouté, et il a appris, humblement. Parce qu'il savait à cette époque (il y a un an environ) qu'il avait beaucoup à apprendre dans le domaine des transports en commun.

Maintenant, il a repris des parts des travaux du Collectif PDU dans son livre "Toulouse a-t'elle un avenir ?" et a ouvert des pistes de réflexion pour l'évolution des déplacements dans l'agglo pour les 15 prochaines années.
Cette méthode d'approche des problèmes m'a plu. Aller sur place, rencontrer les experts citoyens, valoriser leur travail tout en continuant à utiliser les études d'experts "conventionnels" est le meilleur moyen pour voir les réels problèmes. De même Christophe est libéré de l'emprise des courants internes au PS, ce qui lui donne une grande liberté. Il fait d'ailleurs partie de ceux qui veulent que le PS évolue, et arrête d'être grippé par les ambitions internes de courants, qui verrouillent le débat dans le Parti. Pour lui, l'essentiel, c'est un projet d'avenir avec des personnes compétentes à travers l'union de la gauche, et non pas un placement de pions dans une liste électorale permettant de s'attirer des sympathies.
Pour Toulouse, ce qu'il veut, c'est : moins de ségrégation entre les quartiers, plus de transports en commun, de marche et de vélo, et moins de voiture. Il veut que la ville ne soit plus un assemblage de projets de promoteurs, mais quelque chose de mieux planifié, plus de services de proximité. Il veut laisser plus de place à la culture sans forcément s'entêter à copier des évènements parisiens, et chercher à promouvoir la culture régionale. Il veut que l'économie de Toulouse arrête d'être basée sur des secteurs vacillants (Airbus) ou totalement artificiels (Cancéropole, Galliléo) ; il préfère les initiatives locales, l'industrie de l'environnement et de l'énergie, et l'
économie quaternaire. Il veut aussi un Grand Toulouse plus élargi, afin de pouvoir gérer l'agglomération au même niveau que celui que vivent les habitants ; et se muant en communauté urbaine pour avoir plus de compétences...
Bref, pour moi c'est lui : pendant la campagne des primaires au Parti Socialiste, je soutiens Christophe Lèguevaques.
Un mot, pour finir, sur l'éléphant de la bergerie, Pierre Cohen. Il est clairement le plus connu de tous les candidats à la candidature. J'ai beaucoup d'estime pour cet homme, pour lequel j'ai fait campagne pour les législatives, et après duquel j'avais recueilli un
soutien lors du combat contre la version actuelle de la
LMSE avec une petite asso écolo étudiante. Mais néanmoins il n'incarne pas pour moi l'image du renouvellement du parti auquel je rêve. C'est un homme politique depuis plus de vingt ans (il accédait à un siège de conseiller régional alors que je n'étais même pas encore un ovule fécondé...). Je lui reproche une part de logement sociaux dans sa ville qui est assez faible (11%) et un plan d'urbanisme visant donner un centre à la ville arrivant bien tardivement. Ce que je trouve formidable, c'est qu'il lui a fallu une période d'hésitation très longue, plusieurs mois, avant de prendre la décision qu'il abandonnerait son fauteuil de député s'il est désigné par les militants. D'ailleurs on peut se demander s'il y croit au fond de lui quand on lit sa profession de foi :
"Enfin, je ne terminerai pas cette profession de foi sans aborder franchement la question du cumul des mandats. Les mentalités ont évolué, le cumul est rejeté par les électeurs. Ils souhaitent que leurs élus consacrent leurs forces au mandat pour lequel ils sont désignés. Ma priorité sera la ville de Toulouse et son agglomération. C'est pourquoi, je remettrai mon mandat de député entre les mains du Parti Socialiste qui décidera de l'opportunité et de la date d'une élection partielle dans la troisième circonscription. "
"Les" mentalités ont évolué, mais on croit lire que la sienne, non...
Bref...
Il reste une semaine et demi de campagne avec le vote. Après la désignation, il n'y aura pas de dissidence dans le parti, du moins je l'espère. Et je soutiendrai le candidat désigné. Qui sera Christophe Lèguevaques, bien sur !
Montoulouse.fr, le blog de Christophe Lèguevaques
L'introduction de son livre, "Toulouse a t'elle un avenir ?"